
A vrai dire...
Soyez progressistes, votez contre la loi Fin de vie ! Par Vianney Lecointre
Je m’excuse de revenir une fois de plus dans cette émission A vrai dire sur le projet de loi Fin de vie qui propose de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, mais le sujet est trop grave et ne semble pas retenir dans l’opinion l’attention qu’il mérite. Et on est même est en droit de se demander si les députés savent exactement ce qu’ils vont voter. Car il ne s’agit pas d’un projet de loi de liberté. Ce qui est en jeu, ce n’est pas la liberté individuelle de demander la mort, c’est la réponse que, nous, comme société donnons à la demande de mort. Ce n’est pas un projet de loi d’égalité : ce projet de loi n’affirme pas l’égale dignité de toutes les vies mais la conteste. Ce n’est pas un projet de loi de fraternité ou de compassion, comme certains osent l’affirmer : c’est un projet de loi d’abandon, car accompagner les malades ou les personnes en fin de vie, c’est prendre soin d’eux et donner la mort n’est pas un soin. Il est frappant de constater à quel point, dans les discussions sur ce sujet avec des partisans de l’euthanasie, arrive rapidement l’argument du réalisme, comme quoi on n’arrive de toute façon pas à s’occuper de tout le monde, que l’on meurt déjà dans les couloirs des hôpitaux, que des mourants sont délaissés. Dans une tribune récente, l’avocate Elisa Rojas, militante féministe elle-même en situation de handicap, estime que cette proposition de loi parachève la politique de destruction de la santé publique menée par des choix capitalistes et néolibéraux et qu’il va mettre en place un système d’oppression sur les personnes malades et handicapées en vertu du validisme, une idéologie néfaste comme quoi les personnes valides et en bonne santé sont la norme et l’idéal à atteindre. J’ai l’impression qu’il y a un mélange d’inconscience, d’irresponsabilité et d’opportunisme dans le soutien de la gauche parlementaire à cette proposition de loi, dit-elle. Pour évaluer si une mesure est progressiste, il faut se placer du côté des plus vulnérables. Etant parisien en semaine, j’ai pu me rendre la semaine passée, en pleine canicule, au rassemblement contre ce projet de loi organisé sur l’esplanade des Invalides par l’association Les Eligibles et leurs aidants (éligibles au droit à mourir parce qu’ils remplissent les critères, on l’aura compris). Ce soir-là Dominique Potier, député socialiste de Meurthe-et-Moselle, a témoigné de son engagement contre cette loi, contre l’antihumanisme qui fleurit au temps de Trump et de Musk, contre l’ultra-libéralisme et la loi du plus fort, au nom aussi de la justice sociale et de l’écologie, pour construire un monde vivable pour tous. Chers députés, soyez cohérents comme Dominique Potier, si vous êtes un tant soit peu progressistes, votez contre cette loi ! Je crois qu’il reste encore une chance : le 15 juillet prochain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.






