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L'industrie musicale africaine: Mdundo, une plateforme africaine pour mieux rémunérer les artistes [4/10]
Comment permettre à la fois aux fans de musique sur le continent africain d’accéder facilement à leurs titres préférés et aux artistes africains de mettre en avant leur musique et d’en tirer des revenus ? C’est le pari que s’est lancé Mdundo. La plateforme kényane permet de streamer mais aussi de télécharger de la musique directement sur son téléphone. Un point clé pour pallier les coûts des données mobiles sur le continent. Née en 2012 au Kenya, Mdundo compte aujourd’hui plusieurs millions d’utilisateurs et est aussi présente au Nigeria, en Tanzanie, en Afrique du Sud ou encore au Ghana. De notre correspondante à Nairobi, Les mots coulent avec aisance pour le roi du rap, comme il est surnommé au Kenya. Collo, diminutif pour Collins Majale , présente un de ses derniers morceaux dans un studio de Nairobi. Il est artiste depuis plus de 20 ans. « Le principal défi auquel la majorité des musiciens sont confrontés est surement celui de la distribution : comment faire parvenir sa musique à ses fans ? Et comment est-ce que les fans récompensent les artistes, montrent leur appréciation ? », souligne-t-il. Collo insiste sur l’importance d’organiser des performances live . Un samedi sur deux, il anime aussi un show en direct pour ses fans sur les réseaux sociaux. Plus de 30 de ses titres sont aussi disponibles sur Mdundo. « Pour être honnête, un de mes derniers plus gros chèques venait de Mdundo, et non des sociétés de gestion collective des droits d'auteur », témoigne l’artiste. Mdundo reverse des redevances aux artistes, en fonction de leur nombre d’écoutes ou de téléchargements. « Au cours de notre dernier exercice financier, nous avons versé environ 750 000 dollars aux artistes. C'est une somme considérable comparée à zéro mais qui reste encore très faible au regard de la valeur réelle de la musique », détaille Martin Nielsen, co-fondateur de la plateforme et PDG. « Nous sommes l'un des principaux services de streaming musical, non seulement au Kenya, mais aussi sur le continent avec des millions d'abonnés payants chaque mois et des millions d'utilisateurs qui accèdent au service gratuitement chaque mois. De ce point de vue, cette somme reste encore très modeste », concède-t-il. À lire aussi L'industrie musicale africaine: en Afrique centrale, vivre des bars-dancings et prestations officielles [3/10] Des besoins, des forfaits musique Mdundo fonctionne en partie avec de la publicité, mais Martin Nielsen déplore des prix encore trop bas pour le marché africain. Un accès payant sans publicité est aussi disponible. Mais les modèles d’abonnements classiques par carte ou prélèvements bancaires sont peu adaptés au contexte du continent, note le PDG. La plateforme s’est donc tournée vers les opérateurs téléphoniques pour offrir des forfaits musicaux comme Safaricom au Kenya, ou Vodacom en Tanzanie. « Les utilisateurs s'abonnent à Mdundo directement avec leur crédit téléphonique sur leur mobile, ce qui leur donne accès à de la musique sans publicité et à des contenus réservés aux abonnés, comme des mixes de DJ », détaille Martin Nielsen, qui assure que ces forfaits musicaux répondent à un besoin des utilisateurs. « Ce qu'ils veulent, c'est pouvoir avoir leur musique sur leur téléphone. S'ils s'abonnent et téléchargent un ou deux mixes aujourd'hui, ils savent qu’ils auront toute la musique dont ils ont besoin sur leur téléphone pour plusieurs jours », assure-t-il. En plus d’encourager les abonnements, ces mixes ont aussi pour but de mettre en avant les artistes du continent, notamment en langues vernaculaires. À lire aussi L'industrie musicale africaine: Trace, le «MTV africain» et plus encore? [1/10]

