
Episode #20
Confrontation en coaching : les coachs qui confrontent croient-ils vraiment en leur clients ?
Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois à nouveau Ferran Jover, coach catalan déjà invité à l'épisode 12 autour du thème de l'empathie. Cette fois, on pousse plus loin la comparaison de nos approches autour d'un sujet qui divise : la confrontation en coaching. Ferran et moi sommes rarement d'accord. C'est précisément pour ça que ces conversations valent la peine. Le point de départ : la chronique numéro 22 de Chères Erreurs, J'ai voulu faire le bien de ma cliente malgré elle . Erika vient de prendre la direction d'un hôpital suisse dans des conditions calamiteuses, après le décès brutal de son prédécesseur adoré. Elle est seule contre quinze. Je la vois foncer dans le mur. J'essaie de l'en empêcher. Plus j'insiste, plus elle se bute. Mon superviseur me dit : "écarte-toi, laisse-la contempler le mur qui se dresse devant elle." Je m'écarte. Et c'est là qu'Erika est devenue réceptive à un changement de logique et de façon de faire. Ferran, lui, aurait fait pareil dès le début. Et pour des raisons qui vont plus loin que la simple prudence relationnelle. La confrontation, c'est une intervention sur le contenu du client. Pour Ferran, confronter en coaching, même avec bienveillance, c'est se positionner en disant implicitement : "je vois ce que tu ne vois pas". C'est infantiliser le client. C'est introduire des options qui viennent du coach, pas du coaché. Et une fois que ces options sont posées sur la table, la relation est déjà faussée, même si le client est libre de les prendre ou de les laisser. La vraie confrontation, c'est celle du client avec sa propre réalité. Ferran n'est pas contre la confrontation. Il est contre la confrontation du coach vers le client. Celle qu'il pratique, c'est amener la personne à se confronter elle-même à ce qu'elle a fait et n'a pas fait, à ce qui a fonctionné et n'a pas fonctionné, par rapport à son propre objectif. Sans diagnostic extérieur. Sans hypothèses venues du coach. L'impact émotionnel n'est pas un changement. C'est l'un des points les plus forts de Ferran dans cet épisode : générer un choc, une épiphanie, une surprise chez le client peut donner l'illusion d'un changement. Mais une connaissance qui vient de l'extérieur et qui est imposée, même avec douceur, n'est pas intégrée de la même façon qu'une idée que la personne a générée elle-même. Deux pratiques différentes pour deux finalités différentes. C'est là où Ferran et moi nous rejoignons. Son coaching s'adresse à des personnes qui veulent réfléchir librement, sans aucune intervention sur leur contenu. Le mien s'adresse à des personnes qui ont tout essayé pour résoudre leur problème par leurs propres moyens, et qui ont besoin d'une aide extérieure pour accéder à des solutions qu'elles ne trouvent plus seules. Deux besoins différents, deux méthodes différentes, deux types de coachs différents. Et savoir lequel on est, c'est déjà une forme de confrontation avec soi-même. Un épisode pour les coachs qui se demandent jusqu'où ils ou elles ont le droit d'intervenir, et pour toutes les personnes qui ont déjà voulu faire le bien d'autrui malgré lui. Retrouvez Ferran Jover sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/ferran-jover/ Visitez son site Voilà voilà coaching : https://voilavoilacoaching.fr






