
Revue de presse internationale
À la Une: la guerre des drones
De simples gadgets à armes fatales, les drones ont envahi les champs de bataille aux confins de l’Ukraine et de la Russie et leur rayon d’action n’a cessé de croître ces derniers mois pour atteindre parfois des milliers de kilomètres. Les drones, les Ukrainiens s’en sont fait une spécialité et ils sont désormais au cœur de leur stratégie de harcèlement. Ainsi, pointe Libération à Paris, « au cœur de l’été, les frappes ukrainiennes en profondeur se sont considérablement intensifiées sur le territoire russe, conformément à la doctrine de " sanctions à longue portée" mise en place par l’exécutif de Kiev. Outre les entrepôts de e-commerce de la société russe Wildberries, plusieurs cibles militaires et logistiques de premier plan ont été ciblées : raffineries, centrales électriques, infrastructures gazières, infrastructures de transport et de logistique, systèmes de défense aérienne et postes militaires de commandement. » Une inventivité permanente Et les Ukrainiens ne manquent pas d’imagination et de créativité en matière de drones. Témoin, ce drone kamikaze, rapporte Libération , le MICH 2000, copie conforme d’un drone chinois, lui-même copié sur le Shahed iranien. « Un appareil de 2 mètres 50 d’envergure, volant à 160 km/h et pouvant transporter jusqu’à 60 kilos d’explosifs, qui ne frappe plus seulement des coordonnées fixes, mais qui, piloté à distance, est capable de fondre comme un prédateur sur des cibles mobiles. » Et puis « toujours plus haut », s’exclame Le Parisien : « des pilotes ukrainiens viennent de battre un nouveau record, selon les médias ukrainiens. Un équipage de la Garde nationale ukrainienne a réussi à détruire un appareil russe à 7 472 m d’altitude grâce à un drone intercepteur Sting (la guêpe en anglais…) . Ce drone, qui ressemble à une bouteille thermos volante, est dirigé par un pilote avec un casque de réalité virtuelle. Un autre opérateur radar est chargé d’identifier la position de l’appareil adverse. Ce drone Sting illustre parfaitement la méthode de fabrication ukrainienne, note encore Le Parisien : dépenser moins pour intercepter plus. Chaque appareil coûte environ 2 500 dollars, soit un peu plus de 2 100 euros. » Ces derniers jours, relève le Washington Post , « les forces ukrainiennes ont lancé l’une de leurs plus importantes attaques de drones contre la Russie depuis le début de l’invasion, avec près de 800 tirs, dont 600 ont survolé la région de Moscou, 180 ont été abattus. » Le Post qui constate également que « l’Ukraine a conçu et déployé, au cours de l’année écoulée, des drones à longue portée de fabrication nationale pour des frappes en profondeur sur le territoire russe. Sa technologie en matière de drones a impressionné les gouvernements et les fabricants d’armements du monde entier. » Piqures de guêpes ? Question : les vagues de drones ukrainiens vont-elles influencer le cours de la guerre ? Réponse du Süddeutsche Zeitung à Munich : pas vraiment. Certes, « Kiev porte la guerre jusqu’à Moscou, mais rien de plus. (…) Parler d’une défaite russe imminente, voire d’une victoire ukrainienne, serait une simplification excessive », affirme le quotidien allemand. Certes, poursuit-il, « il est fort possible que l’Ukraine, grâce à ses drones, tue chaque mois plus de soldats russes que le Kremlin n’en recrute. Toutefois, une fois la mascarade électorale de cet automne terminée, Poutine pourra, si nécessaire, annoncer une mobilisation partielle, voire générale. Les réserves russes en hommes en âge de combattre restent considérables, contrairement à celles de l’Ukraine. » Et puis, pointe encore le Süddeutsche Zeitung, la Russie ne manque pas non plus d’argent : « la Russie engrange tout de même plus de 700 millions de dollars par jour grâce à la vente de pétrole, de gaz et de charbon. » Ce qui lui permet de continuer à financer son « opération spéciale ». Bref, résume le quotidien allemand, « l’Ukraine riposte effectivement et frappe son ennemi là où ça fait mal. Mais les ressources de Poutine restent considérables. »

